L'essentiel
- Le DPE donne des repères sur le logement, mais vos factures dépendent aussi de la météo, de vos usages et du prix du contrat.
- Adaptez la puissance électrique à vos équipements et à leur utilisation simultanée pour éviter un abonnement trop élevé ou des coupures.
- Programmez le chauffage et l’eau chaude selon vos horaires, sans obstruer les grilles de ventilation.
- Comparez les offres sur le coût annuel estimé, l’abonnement et les règles d’évolution du prix, pas seulement sur le prix du kilowattheure.
- Propriétaire, vérifiez les aides et leurs conditions avant de signer un devis ou de commencer des travaux.
Sommaire
- 1. Lire le DPE et repérer les sources de dépense
- 2. Ajuster la puissance du compteur électrique
- 3. Régler le chauffage selon les pièces et les horaires
- 4. Réduire l’énergie utilisée pour l’eau chaude
- 5. Limiter les pertes de chaleur sans nuire à la ventilation
- 6. Utiliser les appareils et l’éclairage plus efficacement
- 7. Comparer les offres d’énergie sur le coût complet
- 8. Propriétaire : préparer les travaux et vérifier les aides
Réduire vos dépenses d’énergie commence par un diagnostic simple : consultez le DPE, repérez les équipements les plus gourmands et vérifiez vos contrats. Dans les premiers jours, des réglages de chauffage, d’eau chaude et de puissance peuvent déjà éviter des consommations inutiles. Les travaux d’isolation ou le remplacement d’un système se préparent ensuite selon votre statut, le logement et les aides en vigueur.
1. Lire le DPE et repérer les sources de dépense
Le diagnostic de performance énergétique attribue une classe de A à G pour la consommation d’énergie et une autre pour les émissions de gaz à effet de serre. Consultez les deux étiquettes, mais aussi les pages détaillées : elles indiquent les caractéristiques de l’isolation, le type de chauffage et d’eau chaude, la ventilation et des recommandations de travaux.
Le DPE fournit une estimation conventionnelle, pas une promesse de montant sur votre prochaine facture. Il ne reproduit pas nécessairement vos habitudes, la température que vous choisirez, le nombre d’occupants ou la météo de l’année. Demandez, si possible, les factures précédentes et vérifiez si elles couvrent une année complète. Regardez aussi si le logement est chauffé à l’électricité, au gaz, par un réseau collectif ou avec un autre système, car cela change la manière de comparer les coûts.
Une classe peu performante ne signifie pas que chaque pièce consomme autant. Repérez les fenêtres froides, les murs donnant sur l’extérieur, les pièces difficiles à chauffer et les périodes où le chauffage fonctionne. Si vous louez, vérifiez également les informations énergétiques du bail et du DPE. Depuis le 1er janvier 2025, un logement classé G ne peut plus être proposé pour un nouveau bail. Les échéances suivantes concernent les logements classés F en 2028 et E en 2034.
2. Ajuster la puissance du compteur électrique
La puissance souscrite, exprimée en kVA, détermine la quantité d’électricité que vous pouvez utiliser au même moment. Si elle est trop faible, le compteur peut couper lorsque plusieurs appareils fonctionnent ensemble. Si elle est trop élevée par rapport à vos besoins, vous payez un abonnement inutilement important.
Avant de demander un changement, listez les équipements et les moments où ils fonctionnent simultanément : chauffage électrique, chauffe-eau, four, plaques, sèche-linge ou recharge d’un véhicule. Consultez aussi l’historique de puissance disponible dans votre espace client ou les informations de votre compteur communicant, si elles sont accessibles. Un foyer qui chauffe au gaz n’aura pas les mêmes besoins qu’un logement tout électrique.
| Puissance souscrite, à titre indicatif | À examiner avant de choisir |
|---|---|
| 3 kVA | Petit logement et usages électriques limités, généralement sans chauffage électrique important |
| 6 kVA | Besoins courants, à vérifier selon les appareils utilisés en même temps |
| 9 kVA ou plus | Logement tout électrique, équipements puissants ou usages simultanés importants |
Ces exemples ne remplacent pas une vérification de vos besoins. La surface seule ne suffit pas : le mode de chauffage et les habitudes comptent beaucoup. Demandez à votre fournisseur si un changement est nécessaire, combien il coûte et quand il prendra effet. Les modalités dépendent du compteur et de l’intervention éventuelle du gestionnaire de réseau. Pour ouvrir ou modifier un contrat après votre emménagement, consultez aussi les démarches d’électricité et de gaz.
3. Régler le chauffage selon les pièces et les horaires
Le chauffage représente souvent un poste important, mais augmenter la température n’accélère pas le réchauffement d’une pièce. Un thermostat réglé trop haut prolonge simplement la chauffe. À titre de repère, visez environ 19 °C dans les pièces de vie occupées et 16 à 17 °C dans les chambres, puis ajustez selon votre confort, votre santé et l’isolation du logement. Dans la salle de bains, chauffez davantage uniquement au moment de l’utilisation si votre système le permet.
Programmez des plages cohérentes avec votre présence. Baissez la consigne la nuit et pendant les absences, sans laisser le logement devenir excessivement froid en hiver. Une baisse modérée convient généralement mieux qu’un arrêt complet suivi d’une remise en chauffe brutale, surtout dans un logement humide ou mal isolé. En cas d’absence prolongée, utilisez le mode hors-gel si l’installation le propose.
Dégagez les radiateurs et convecteurs. Évitez de poser du linge dessus, de placer un meuble devant ou de cacher une sonde de thermostat. Avec un chauffage central, demandez comment se règlent les robinets thermostatiques et vérifiez si la température dépend d’une installation collective. Ne modifiez pas les réglages de la chaudière ou d’un système collectif sans savoir comment il fonctionne.
Si vous disposez d’une chaudière individuelle, faites réaliser l’entretien requis et conservez l’attestation. Un appareil encrassé ou mal réglé peut mal fonctionner. Purgez les radiateurs à eau si nécessaire, en respectant les consignes de l’installation. En cas de doute, sollicitez un professionnel qualifié plutôt que de toucher aux organes de sécurité.
4. Réduire l’énergie utilisée pour l’eau chaude
Commencez par vérifier le mode de production : ballon électrique individuel, chaudière, chauffe-eau thermodynamique ou production collective. Si vous avez un ballon, un réglage autour de 55 à 60 °C est généralement conseillé. Ne baissez pas arbitrairement la température sous 50 °C : une température insuffisante peut favoriser le développement de bactéries. Les installations collectives ont leurs propres réglages et ne sont pas à modifier individuellement.
Un ballon peut être programmé pendant les heures creuses uniquement si votre contrat prévoit ces plages et si le fonctionnement de l’installation est adapté. Vérifiez les horaires réels, qui peuvent différer d’un logement à l’autre. Inutile de laisser une marche forcée permanente si le ballon chauffe déjà selon une programmation efficace.
Des gestes simples réduisent les pertes et les volumes chauffés : prenez des douches plutôt que des bains fréquents, réparez les robinets qui fuient et installez, si le matériel le permet, des équipements économes en eau. Si le ballon est accessible, vérifiez que les canalisations d’eau chaude sont correctement isolées, notamment lorsqu’elles traversent une cave ou un garage non chauffé. Ne démontez pas un appareil électrique ou à gaz pour l’isoler vous-même.
5. Limiter les pertes de chaleur sans nuire à la ventilation
Dans un logement loué, vous pouvez agir sans transformer le bâti : fermez volets et rideaux la nuit, posez des bas de porte si cela ne gêne pas la fermeture, et déplacez les meubles qui bloquent les radiateurs. Des joints adaptés peuvent réduire les courants d’air autour d’une fenêtre, mais demandez l’accord du bailleur avant toute intervention qui modifie le logement.
Aérez brièvement chaque jour, même en hiver, en ouvrant largement les fenêtres quelques minutes plutôt qu’en les laissant entrouvertes longtemps. Maintenez dégagées les entrées d’air, les grilles et les bouches de ventilation. Les boucher peut aggraver l’humidité, les moisissures et la qualité de l’air, et nuire au bon fonctionnement d’un appareil à combustion.
Si vous êtes propriétaire, cherchez d’abord l’origine des pertes : combles, toiture, murs, fenêtres, plancher bas ou fuites d’air. L’isolation doit être pensée avec la ventilation et le système de chauffage. Isoler sans traiter une ventilation défaillante peut déplacer le problème vers la condensation. Dans une copropriété, les travaux touchant aux parties communes ou à l’aspect extérieur nécessitent souvent une décision collective. Pour un locataire, signalez au bailleur les défauts importants et vérifiez les points à contrôler dans le bail.
6. Utiliser les appareils et l’éclairage plus efficacement
Les économies liées aux équipements dépendent de leur état, de leur taille et de la fréquence d’utilisation. À l’achat, comparez l’étiquette énergie de A à G, la consommation annuelle annoncée et la capacité adaptée à votre foyer. Remplacer un appareil encore fonctionnel uniquement pour son étiquette n’est pas toujours rentable : tenez compte du prix, de la consommation réelle et de sa durée d’usage prévue.
Quelques réglages faciles à appliquer :
- Réglez le réfrigérateur autour de 4 °C et le congélateur autour de -18 °C, puis vérifiez que les portes ferment correctement.
- Faites tourner lave-linge et lave-vaisselle à pleine charge, en privilégiant les programmes éco lorsque le temps de cycle convient.
- Lavez le linge à basse température lorsque le textile et le niveau de salissure le permettent.
- Éteignez les équipements qui restent inutilement en veille et utilisez une multiprise avec interrupteur pour les appareils compatibles.
- Remplacez les ampoules usagées par des modèles LED adaptés à la pièce et au luminaire.
- Nettoyez les grilles et filtres accessibles conformément aux notices, notamment ceux d’une ventilation ou d’un sèche-linge.
À l’installation, évitez de placer un réfrigérateur près d’un four ou d’un radiateur. Laissez les dégagements nécessaires autour des appareils, comme l’indique leur notice. Ces précautions aident à leur bon fonctionnement sans imposer d’achat immédiat.
7. Comparer les offres d’énergie sur le coût complet
Vous pouvez choisir votre fournisseur d’électricité ou de gaz sans changer les câbles ni les canalisations. Pour comparer, utilisez une estimation annuelle correspondant à votre logement et à vos usages, puis examinez le détail du contrat. Une offre séduisante sur le prix du kilowattheure peut être moins intéressante si l’abonnement est élevé ou si le prix évolue rapidement.
| Élément à comparer | Question à poser |
|---|---|
| Abonnement | Quel montant annuel correspond à votre puissance souscrite ? |
| Prix du kWh | Est-il fixe pendant une période déterminée, indexé ou susceptible d’évoluer selon les conditions du contrat ? |
| Estimation annuelle | Est-elle calculée à partir d’une consommation réaliste pour votre logement ? |
| Révision du prix | Quand et selon quelles modalités le fournisseur peut-il modifier les tarifs ? |
| Facturation | Les mensualités sont-elles régularisées d’après des relevés réels ou estimés ? |
| Services | Les options incluses sont-elles utiles et facturées en supplément ? |
Comparez les offres à consommation, puissance et options identiques. Lisez les conditions de résiliation et de révision du prix. Un contrat moins cher à court terme n’est pas forcément le plus avantageux si ses conditions ne vous conviennent pas. Relevez vos index au départ et à l’arrivée, puis transmettez les bons chiffres à chaque fournisseur pour éviter de payer la consommation d’un autre occupant.
8. Propriétaire : préparer les travaux et vérifier les aides
Avant de demander des devis, hiérarchisez les travaux à partir du DPE et, si nécessaire, d’un audit énergétique. Le traitement de l’enveloppe, la ventilation et le chauffage doivent être étudiés ensemble. Une pompe à chaleur ou une chaudière plus récente n’apportera pas les économies attendues si le logement perd beaucoup de chaleur ou si l’équipement est mal dimensionné.
En 2026, les aides à la rénovation peuvent évoluer et dépendent du logement, des revenus, des travaux et du parcours choisi. Renseignez-vous auprès de France Rénov et de l’Anah sur les dispositifs ouverts, les critères et les démarches avant de signer un devis ou de commencer les travaux. Les certificats d’économies d’énergie, l’éco-prêt à taux zéro et une TVA à taux réduit peuvent aussi être mobilisables selon les situations et les travaux. Leur cumul et leurs conditions ne sont pas automatiques.
Vérifiez si les travaux doivent être réalisés par une entreprise qualifiée, si un audit est nécessaire et à quel moment déposer la demande. Comparez plusieurs devis détaillés et méfiez-vous des offres qui promettent un chantier entièrement gratuit ou exigent une signature immédiate. En copropriété, renseignez-vous sur les aides collectives et le calendrier de décision en assemblée générale.
Pour organiser vos premières semaines, procédez dans cet ordre :
- Photographiez les compteurs et notez les index à l’entrée.
- Lisez le DPE et repérez le chauffage, l’eau chaude et les défauts visibles.
- Vérifiez la puissance souscrite et les conditions de votre contrat d’énergie.
- Réglez le chauffage, le ballon et les appareils selon vos horaires d’occupation.
- Dégagez les radiateurs et les grilles de ventilation, puis signalez les anomalies au bailleur si vous êtes locataire.
- Après quelques semaines, comparez vos consommations aux estimations et corrigez les réglages avant d’envisager un achat ou des travaux.
Pour prioriser les autres démarches liées à votre arrivée, appuyez-vous sur le guide des premiers jours dans le nouveau logement.
Questions fréquentes
Le DPE permet-il de prévoir exactement ma prochaine facture ?
Non. Il fournit une estimation selon des hypothèses standardisées, mais votre consommation dépend aussi de la météo, du nombre d’occupants, des horaires et de la température choisie. Les factures antérieures peuvent compléter le diagnostic, sans garantir le même montant pour vous.
Puis-je changer moi-même la puissance de mon compteur ?
Vous ne modifiez pas le compteur vous-même. Contactez votre fournisseur pour demander un changement de puissance, qui vous précisera les modalités, le délai et les éventuels frais selon votre installation.
Quelle température régler dans les chambres ?
Un repère courant est de 16 à 17 °C dans une chambre occupée pour dormir. Ajustez selon votre confort, la santé des occupants, l’isolation et les caractéristiques du logement.
Faut-il couper le chauffage en journée quand on travaille à l’extérieur ?
Une baisse de température programmée est souvent préférable à une chauffe inutile à pleine consigne. Évitez toutefois de laisser le logement devenir très froid en hiver, notamment en cas d’humidité ou d’absence prolongée.
Quelles aides un propriétaire peut-il demander pour rénover son logement ?
Selon les travaux et la situation, des aides de l’Anah, des certificats d’économies d’énergie, l’éco-prêt à taux zéro ou une TVA à taux réduit peuvent être concernés. Les critères et disponibilités évoluent : vérifiez les règles en vigueur avant de signer un devis ou de lancer le chantier.
Ce guide fournit des informations générales, à jour au 28 octobre 2026. Les règles, montants et délais peuvent évoluer. Vérifiez votre situation auprès de l'organisme concerné avant toute décision. Une erreur ou une information dépassée ? Signalez-la.