Prix, budget et aides

Frais d’agence en location : plafonds et calcul

Les honoraires d’agence facturés au locataire sont encadrés selon la zone et la surface du logement. Voici les plafonds, les frais interdits et un exemple de calcul.

Mains vérifiant une facture de frais de location avec une calculatrice et des clés dans un appartement.

L'essentiel

  • Les honoraires de visite, de dossier et de rédaction du bail sont plafonnés ensemble, de 8 à 12 euros par mètre carré selon la zone.
  • L’état des lieux d’entrée peut être facturé séparément, dans la limite de 3 euros par mètre carré.
  • Le locataire ne peut pas payer davantage que le propriétaire pour les mêmes prestations.
  • Les frais de publicité, de négociation et d’état des lieux de sortie ne peuvent pas être ajoutés aux honoraires du locataire.
  • Sans intermédiaire professionnel, le propriétaire ne peut pas réclamer d’honoraires d’agence au locataire.
Sommaire
  1. Quels frais d’agence peuvent être facturés au locataire ?
  2. Les plafonds selon la zone du logement
  3. Comment calculer le montant maximal ?
  4. Les frais interdits ou qui ne peuvent pas être ajoutés
  5. Location entre particuliers : aucun honoraire d’agence
  6. Comment vérifier une facture ou contester un montant ?
  7. Votre plan de vérification avant paiement

Les frais d’agence payés par le locataire sont plafonnés par la loi selon la zone géographique et la surface habitable du logement. Pour la visite, la constitution du dossier et la rédaction du bail, le maximum est de 12, 10 ou 8 euros par mètre carré, auquel peut s’ajouter l’état des lieux d’entrée, plafonné à 3 euros par mètre carré. Ces montants sont des plafonds, pas des tarifs automatiquement dus.

Quels frais d’agence peuvent être facturés au locataire ?

Pour une location soumise à la loi du 6 juillet 1989, l’agence peut demander au locataire une participation à quatre prestations précises :

  • la visite du logement ;
  • la constitution du dossier du candidat ;
  • la rédaction du bail ;
  • la réalisation de l’état des lieux d’entrée.

Les trois premières prestations sont soumises à un plafond commun, calculé au mètre carré. L’état des lieux d’entrée a son propre plafond, qui s’ajoute au premier. L’agence ne peut donc pas appliquer le plafond de visite, celui du dossier et celui du bail séparément.

Ces règles concernent principalement les locations vides et meublées constituant la résidence principale, ainsi que les baux relevant de ce régime. Le type de bail et ses clauses méritent d’être vérifiés avant signature. Pour contrôler les autres mentions et sommes prévues, consultez aussi notre guide pour vérifier un bail avant de le signer.

Les honoraires de mise en location sont dus lorsque le bail est conclu. Une agence ne peut pas vous faire payer la visite ou l’étude de votre dossier si vous ne signez finalement pas le bail. En pratique, les frais de visite, de dossier et de rédaction sont exigibles à la signature. Les frais d’état des lieux sont dus lorsque cette prestation est réalisée.

Les plafonds selon la zone du logement

Le plafond dépend de la commune où se trouve le logement, et non de l’adresse de l’agence ou de celle du locataire. La réglementation distingue une zone très tendue, une zone tendue et le reste du territoire.

Zone du logementVisite, dossier et rédaction du bail, plafond cumuléÉtat des lieux d’entréeMaximum cumulé possible
Zone très tendue12 €/m²3 €/m²15 €/m²
Zone tendue10 €/m²3 €/m²13 €/m²
Reste du territoire8 €/m²3 €/m²11 €/m²

La qualification de zone très tendue ou tendue répond à une liste réglementaire de communes. Elle ne se déduit pas simplement du fait que la ville est grande, chère ou très demandée. Pour vérifier le classement de la commune, consultez notre explication sur la zone tendue et les règles qui s’y appliquent.

La surface à retenir est la surface habitable du logement. Ce n’est pas nécessairement la surface annoncée dans une publicité si celle-ci inclut une cave, un garage, un balcon ou des annexes. En cas de doute, demandez à l’agence la surface utilisée et la référence figurant au bail.

Le montant facturé au locataire ne peut pas dépasser le plafond applicable. Il ne peut pas non plus être supérieur à la part payée par le propriétaire pour les mêmes prestations. Cette seconde limite peut donc conduire à un montant inférieur au plafond au mètre carré.

Comment calculer le montant maximal ?

Le calcul se fait en deux étapes. Multipliez d’abord la surface habitable par le plafond de la zone pour les frais de visite, de dossier et de rédaction du bail. Si l’agence réalise aussi l’état des lieux d’entrée, multipliez la même surface par 3 euros et ajoutez ce résultat.

Exemple pour un logement de 52 m² situé en zone tendue :

  1. Visite, dossier et bail : 52 × 10 € = 520 € maximum.
  2. État des lieux d’entrée : 52 × 3 € = 156 € maximum.
  3. Total maximal possible : 520 € + 156 € = 676 € TTC.

Ce total est une limite, pas une facture obligatoire. Si l’agence ne réalise pas l’état des lieux d’entrée, elle ne peut pas facturer cette prestation. Si son barème est inférieur, c’est le tarif inférieur qui doit être appliqué. Et si la part réglée par le propriétaire pour les prestations concernées est inférieure au plafond calculé pour le locataire, la part du locataire doit aussi être réduite.

Pour le même logement de 52 m², le maximum théorique avec l’état des lieux serait de 780 € en zone très tendue, soit 52 × 15 €, et de 572 € dans le reste du territoire, soit 52 × 11 €. Dans tous les cas, vérifiez séparément la zone, la surface, le tarif annoncé et la part payée par le bailleur.

Les frais interdits ou qui ne peuvent pas être ajoutés

La participation du locataire est limitée aux quatre prestations prévues. Les autres frais liés à la recherche et à la mise en location restent à la charge du propriétaire. L’agence ne peut donc pas ajouter au locataire, en plus des plafonds, une ligne distincte pour :

  • la publicité du logement ou la diffusion de l’annonce ;
  • la recherche du locataire et la négociation avec le propriétaire ;
  • des frais généraux de gestion ou d’ouverture de dossier qui doublonnent la constitution du dossier ;
  • la rédaction d’un document ou une formalité déjà incluse dans les prestations plafonnées ;
  • l’état des lieux de sortie réalisé par l’agence.

Un intitulé différent ne suffit pas à rendre un frais payable. Si une somme appelée « frais administratifs », « frais de réservation » ou « frais de remise des clés » vous est demandée, demandez quelle prestation précise elle rémunère et sur quelle base elle est imputée. Si elle correspond en réalité à une prestation interdite ou déjà comprise, elle ne doit pas s’ajouter aux honoraires du locataire.

Il existe une situation particulière en cas de désaccord sur l’état des lieux : si un commissaire de justice est mandaté selon la procédure prévue, ses frais suivent des règles spécifiques de partage. Cela ne permet pas à une agence de facturer librement au locataire un état des lieux de sortie ordinaire.

Les frais de l’agence ne doivent pas non plus être confondus avec le premier loyer, les charges ou le dépôt de garantie. Ces sommes ont des règles différentes. Pour vérifier le dépôt demandé, notamment la limite applicable en location vide ou meublée, consultez notre guide sur le dépôt de garantie et sa restitution.

Location entre particuliers : aucun honoraire d’agence

Si vous louez directement auprès du propriétaire, sans agence ni autre intermédiaire professionnel, vous n’avez pas d’honoraires d’agence à payer. Le propriétaire ne peut pas transformer ses propres démarches en frais de dossier facturés au candidat locataire.

Cela ne signifie pas que l’entrée dans le logement est sans frais. Le locataire peut devoir régler le loyer prévu au bail, les charges et le dépôt de garantie autorisé. Il faut simplement distinguer ces sommes des honoraires d’intermédiation. Le montant du dépôt dépend notamment du type de location, et le bail mobilité ne prévoit pas de dépôt de garantie.

Si le propriétaire a confié certaines prestations à un professionnel, demandez qui les a réalisées et qui les facture. Pour les prestations imputables au locataire dans le cadre légal, les plafonds et la limite liée à la part du propriétaire restent à vérifier. Les frais d’une prestation que vous commandez vous-même, à titre facultatif, ne sont pas automatiquement des honoraires d’agence dus au bailleur.

Les frais de location sont aussi à prévoir dans le budget global de votre installation, en plus du transport et des dépenses du nouveau logement. Vous pouvez les intégrer à votre budget déménagement et à ses différents postes.

Comment vérifier une facture ou contester un montant ?

Avant de régler, demandez un décompte détaillé, avec le montant correspondant à chaque prestation, la surface retenue, le classement de la commune et la part facturée au propriétaire. Vérifiez aussi que les montants sont indiqués TTC et que l’état des lieux d’entrée n’est pas facturé s’il n’a pas été réalisé.

Comparez ensuite le total des frais de visite, de dossier et de bail au plafond cumulé applicable. Ajoutez le plafond de l’état des lieux uniquement si l’agence a effectivement réalisé cette prestation. Enfin, contrôlez que votre contribution ne dépasse pas celle du bailleur pour les mêmes actes.

Si le calcul semble incorrect, écrivez à l’agence, avec une copie au propriétaire. Indiquez les éléments vérifiables : surface habitable, zone, plafond par mètre carré, prestation absente ou frais qui paraît redondant. Joignez la facture, le bail et les échanges utiles. Une demande écrite précise facilite la correction d’une erreur de calcul.

En l’absence de réponse, vous pouvez demander conseil à l’ADIL de votre département. Si le différend persiste, conservez les preuves de paiement et les réponses reçues, et renseignez-vous sur les voies de recours adaptées à votre situation. Le dossier de location et les pièces demandées peut aussi vous aider à distinguer les justificatifs nécessaires des demandes sans rapport avec les frais d’agence.

Votre plan de vérification avant paiement

  1. Relevez la surface habitable du logement dans le bail.
  2. Vérifiez la zone réglementaire de la commune, sans vous fier uniquement à sa réputation immobilière.
  3. Calculez le plafond cumulé pour visite, dossier et rédaction du bail, puis celui de l’état des lieux d’entrée s’il a été réalisé.
  4. Demandez le détail des honoraires et comparez la part du locataire à celle du propriétaire.
  5. Faites rectifier toute ligne non justifiée ou tout montant supérieur au plafond avant de régler.

Le bon réflexe est de traiter les honoraires comme un calcul vérifiable, et non comme un forfait à accepter sans détail. La zone, la surface habitable et les prestations réellement effectuées déterminent le montant maximal que l’on peut vous demander.

Questions fréquentes

Le plafond s’applique-t-il séparément à la visite, au dossier et au bail ?

Non. Ces trois prestations partagent un plafond global par mètre carré, fixé selon la zone du logement. L’agence ne peut pas appliquer le plafond complet trois fois.

Les plafonds sont-ils exprimés TTC ou hors taxes ?

Les plafonds sont exprimés toutes taxes comprises, en euros par mètre carré de surface habitable. Demandez un décompte TTC si la facture ne permet pas de vérifier clairement le montant.

Une agence peut-elle facturer l’état des lieux de sortie ?

Un état des lieux de sortie ordinaire réalisé par l’agence ne fait pas partie des honoraires imputables au locataire. Une intervention de commissaire de justice en cas de désaccord relève d’un régime particulier.

Que faire si le propriétaire paie moins que le locataire ?

La part du locataire ne peut pas dépasser celle du propriétaire pour les mêmes prestations, même si le plafond au mètre carré autoriserait un montant supérieur. Demandez à l’agence le détail des parts facturées.

Un propriétaire peut-il demander des frais de dossier sans agence ?

Non, le propriétaire ne peut pas réclamer des honoraires d’agence pour une location conclue directement entre particuliers. Le loyer, les charges et le dépôt de garantie sont des sommes distinctes, soumises à leurs propres règles.

Ce guide fournit des informations générales, à jour au 28 octobre 2026. Les règles, montants et délais peuvent évoluer. Vérifiez votre situation auprès de l'organisme concerné avant toute décision. Une erreur ou une information dépassée ? Signalez-la.